La technique du papier mâché

Étant autodidacte, j’ai, durant de nombreuses années, expérimenté différentes techniques, avant de trouver celle qui me convient et que je pratique aujourd’hui : le modelage en papier mâché.

Ce procédé, très peu coûteux, ne nécessite aucun matériel particulier, c’est pourquoi il est très fréquemment utilisé par les scolaires. Encore peu utilisé, par les artistes, il connut cependant son heure de gloire, au début du XXè siècle. Il servait à fabriquer de façon industrielle, toutes sortes d’objets, aussi bien décoratifs qu’utilitaires. L’avènement des matières plastiques l’effaça totalement de notre quotidien.

Ce matériau est particulièrement adapté pour réaliser des formes simples. Mais la réalisation de formes complexes ou fines, demande en revanche, beaucoup de temps et de minutie. Après quelques années de pratique intensive, j’arrive à réaliser, aujourd’hui, des pièces de formes et de formats très différents : objets rituels, créatures ou squelettes, soit, à quelques exceptions près, l’intégralité des pièces présentées dans cette installation.

J'utilise la recette traditionnelle, la plus communément pratiquée, un mélange de papier déchiqueté, de colle et d'enduit.

Au commencement, il y a la forme :                                                                                                  Je commence toujours par m’amuser à trouver une forme originale, en tout cas, à mes yeux suffisamment curieuse. Une fois la créature finale fixée, je construis les différents éléments qui «prouvent» la réalité de son existence passée : squelettes, dessins anatomiques, pièces archéologiques, illustrations et textes.

C’est une étape très importante, consacrée à des recherches documentaires dans tous les domaines abordés : traditions, arts et langues des peuples concernés, anatomie d’animaux réels les plus proches de ma créature, histoire et géographie des lieux où je situe mes créations. Et je tiens, à ce que le contexte global (historique, géographique et culturel) soit exact, car c’est le jeu du vrai/faux qui m’amuse particulièrement.

Ma démarche n'est pas seulement esthétique, elle tente aussi d'établir des liens entre la création artistique, la biologie spéculative, la cryptozoologie, vous avez dit uchronie ? J'ai d'ailleurs, été invité en France, à exposer plusieurs fois, dans le cadre de la Fête de la science (Médiathèques de Miramas et de Porto Vecchio).

Et pour être en accord avec mon «envie de musée», j’ai conçu une présentation générale sobre et muséale. Mais cette exposition est, en réalité, une joyeuse et ludique invitation à rêver, et à retrouver le goût du merveilleux de notre enfance, période où nous avons tous prononcé cette phrase magique : «On dirait que c’est vrai…»

Ma seule ambition est d'inviter le grand public (enfants et ex-enfants) à venir rêver et à se questionner, sur la fragile frontière entre le vrai et le faux. En d’autres termes, peut-on adhérer à quelque chose d’invraisemblable, s’il est présenté de façon sérieuse et rigoureuse ? Un enjeu qui résonne particulièrement aujourd'hui.                                

D’ailleurs, la plupart des visiteurs quittent mon exposition, avec un petit sourire au coin de l’œil..



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